En résumé

    La restauration de l’église des Réformés mobilise de nombreux corps de métier.

    L’échafaudage est la pièce maîtresse du dispositif.

    Reportage paru dans PréventionBTP n°262-mai 2022

    Photo : 262 CDM Les Réformés_b03_Ouverture

    Crédit photo : Frédéric Vielcanet

    262 CDM Les Réformés_b03_Ouverture

    Monument historique

    À Marseille, pour sécuriser la restauration de l'église des Réformés, maîtrise d'ouvrage et entreprises s'adaptent à un milieu contraignant.

    Les flèches de Saint-Vincent-de-Paul ont retrouvé leurs gargouilles et leurs griffons. Située en haut de la Canebière, celle que les Marseillais appellent plus communément l'église des Réformés connaît depuis 2019 une restauration de grande ampleur. Après les deux flèches culminant à 70 mètres de haut, les travaux se concentrent sur les façades latérales, la couverture et la nef, avant le transept, le chœur et les tourelles.
    Quatre sociétés de maçonnerie, taille de pierre et sculpture des Bouches-du-Rhône sont mobilisées sur ce chantier prestigieux (lire la fiche d'identité du chantier ci-contre). Sans oublier les maîtres verriers, en charge de la restauration des 1 400 m2 de vitraux.

    Des livraisons adaptées et bien planifiées

    En matière d'organisation et de prévention, la bonne coordination entre ces diverses entreprises est la clé du chantier. « L'une des contraintes est la fréquentation du lieu pendant la durée des travaux, explique Pascal Fesquet, chef de projet MOA de la Ville de Marseille. L'autre facteur est la densité urbaine environnante, à laquelle s'ajoute la circulation des automobiles, des bus et des tramways. » Pour décharger, manutentionner et stocker, les entreprises doivent composer avec une étroite bande de 4 mètres de large sur 20 mètres de long. Autant dire que les livraisons sont planifiées et adaptées. Pour approvisionner les éléments d'échafaudage, des petits camions de 3,5 tonnes ont par exemple été préférés aux 38 tonnes habituels.

    L'échafaudage, pièce maîtresse du chantier

    Dans ce contexte d'optimisation de l'espace, un platelage en bois a été aménagé sur le parvis pour y installer l'atelier de taille de pierre. Constituées d'éléments d'échafaudage, des plates-formes ont été mises en place à 5 mètres du sol pour stocker le matériel. Géré par deux cotraitants, Tubesca Comabi et SPE (et Soprovise pour les vitraux), l'échafaudage est la pièce maîtresse du dispositif. À l'intérieur comme à l'extérieur, la structure a été entièrement conçue pour faciliter l'accès des différents corps de métier aux postes de travail. Comme le souligne Pascal Fesquet, le chantier innove aussi en matière de sécurité incendie : « Après l'accident de Notre-Dame-de-Paris, nous avons négocié avec l'entreprise Girard la pose de caméras thermiques dans les combles, une solution innovante à effet plus rapide que les détecteurs de fumée. »

    L'une des contraintes est la fréquentation du lieu pendant la durée des travaux.

    Un échafaudage sur-mesure

    « De la dentelle, du cousu main » : c'est dans ces termes que Mathieu Bochetta, conducteur de travaux chez SPE, décrit la mise en œuvre de l'échafaudage commun à l'ensemble des corps de métiers. Cotraitant de ce lot (avec Tubesca Comabi), l'échafaudeur affiche la qualification Qualibat haute technicité exigée par ce chantier. « Malgré la complexité des formes, l'échafaudage doit permettre aux opérateurs d'accéder et d'intervenir sur la totalité de l'ouvrage en sécurité. Il permet également la circulation des compagnons et des matériaux. » L'adéquation de l'échafaudage à la forme de l'édifice améliore la productivité du chantier.
     

    Pour éviter la propagation des poussières lors des opérations de sablage à haute pression, des filets à fines mailles (120 g au lieu de 55) ont été intégrés à l'échafaudage dans les notes de calcul réalisées par le bureau d'études. 
    « La gestion de vent fort est un paramètre important à Marseille, explique Mathieu Bochetta. Des ancrages et un contreventement plus importants ont été prévus pour en tenir compte»
     

    Cotraitant sur le lot vitrail, la société Soprovise, a mis en place, dans le chœur de l'église, des sapines autostables (appui par butonnage sur chaque travée). « Dans ce lieu fréquenté, la partie accessible au public doit être bien protégée de la zone de travaux, explique Christophe Oustry. Pour pallier l'exiguïté de la zone de stockage, autre contrainte du site, nos livraisons sont effectuées le matin, à 6 heures, avant de laisser la place aux maçons. »

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